De la Lambda à la Delta HF Integrale, près de 120 ans d'innovation technique et de palmarès en rallye.
Fondée en 1906 à Turin par Vincenzo Lancia, ancien pilote de course chez Fiat, la firme italienne s'est forgée une identité fondée sur l'innovation technique et le raffinement. De la Lambda à caisse autoporteuse de 1922 aux Stratos et Delta HF Integrale qui ont écrit la légende du rallye mondial, le constructeur turinois a longtemps incarné un haut de gamme distinctif. Sa gamme s'apprête désormais à connaître une renaissance sous l'impulsion du groupe Stellantis.
Avant de fonder son entreprise, Vincenzo Lancia était l'un des pilotes vedettes de Fiat, qu'il rejoint en 1899 alors qu'il a tout juste dix-sept ans. Talentueux mais aussi mécanicien-né, il décide en 1906 de créer sa propre marque avec son ami Claudio Fogolin. Le premier modèle, dénommé Tipo 51 12HP, sort de l'atelier turinois en 1908 et inaugure la production en série l'année suivante. Dès l'origine, le créateur souhaite proposer des voitures techniquement avancées, capables de se distinguer sur un marché italien dominé alors par Fiat. Cette ambition d'ingénierie pointue restera un fil conducteur sur près de huit décennies.
Présentée au salon de Paris en 1922, la Lambda marque une rupture pour l'automobile européenne. Elle inaugure la carrosserie monocoque autoporteuse, qui se passe d'un châssis séparé, et adopte une suspension avant indépendante à coulisseaux. Ces choix d'avant-garde inspirent rapidement les autres constructeurs et entrent dans les manuels d'ingénierie automobile. Produite jusqu'en 1931, la Lambda place la firme parmi les manufacturiers les plus innovants de l'entre-deux-guerres et fonde durablement la réputation technique du nom Lancia.
Après le décès de Vincenzo Lancia en 1937, son fils Gianni reprend le flambeau et travaille avec le motoriste Vittorio Jano, transfuge d'Alfa Romeo. De cette collaboration sortent trois berlines marquantes : l'Aurelia de 1950, dotée du premier V6 de série au monde, qui inspire la fameuse Aurelia B20 GT ; la Flaminia de 1957, choisie comme voiture officielle du président italien ; et la Fulvia de 1963, dont la version coupé HF triomphe au Rallye de Monte-Carlo en 1972. Ces modèles forgent l'image d'une maison turinoise raffinée, prisée par la bourgeoisie cultivée de la péninsule.
Présentée en 1973, la Stratos HF reste l'une des voitures de rallye les plus radicales jamais homologuées. Sa carrosserie compacte signée Marcello Gandini chez Bertone abrite un V6 Dino Ferrari placé en position centrale arrière. Conçue presque exclusivement pour la compétition, elle remporte trois titres mondiaux des constructeurs en 1974, 1975 et 1976, et place définitivement la firme turinoise dans le panthéon du rallye. Pour les passionnés, la cote argus Lancia d'occasion donne un repère sur ces modèles devenus rares en bon état d'origine.
Dans les années 1980 et au début des années 1990, la firme italienne accumule six titres mondiaux des constructeurs en rallye consécutifs, entre 1987 et 1992. Cette domination s'appuie sur la Delta HF 4WD puis la Delta HF Integrale, compacte à transmission intégrale et moteur turbocompressé qui propulse Miki Biasion, Juha Kankkunen ou Didier Auriol au sommet du WRC. Aucune autre marque n'a autant dominé le championnat mondial sur une telle période. Côté route, la Delta de série bénéficie de cette aura sportive et reste un objet de collection recherché parmi les amateurs de hot hatch des années 1980.
Le constructeur turinois rejoint le groupe Fiat en 1969 après plusieurs années financièrement difficiles. La période donne lieu à des modèles partagés avec d'autres marques de la galaxie : Beta, Thema (1984), Dedra, Kappa et Phedra. La Thema reçoit notamment une variante 8.32 équipée du V8 Ferrari de la 308 GTB. Mais à partir des années 2000, la gamme se réduit drastiquement. Disparition de la berline Thesis, retrait des marchés non-italiens en 2015 : la firme ne commercialise plus que la petite Ypsilon en Italie, devenue son unique modèle pendant près d'une décennie.
Après la fusion entre Fiat-Chrysler et le groupe PSA en 2021, le manufacturier turinois devient une filiale de Stellantis. Le groupe lance en 2024 un plan de relance industriel articulé autour de trois nouveaux modèles : une Ypsilon redessinée et électrifiée, présentée en 2024, suivie d'une nouvelle Gamma annoncée pour 2026 et d'une nouvelle Delta prévue pour 2028. Ces lancements ouvrent un retour progressif sur les marchés européens, dont la France, après une décennie de présence limitée à l'Italie. Pour préparer un achat, notre guide d'achat d'une voiture d'occasion et notre sélection de Lancia d'occasion permettent de mesurer l'offre disponible sur le marché tricolore.
Pour aller plus loin, le site officiel international, la page encyclopédique et les archives du Figaro documentent l'histoire détaillée de la firme italienne et de son patrimoine.